Troubles praxiques

Les troubles de la praxie ont des conséquences défavorables sur la prise alimentaire. Une prise en charge précoce avec des solutions nutritionnelles adaptées pourrait prévenir le risque de dénutrition.

Qu’est-ce que c’est ?

Les troubles de la praxie (ou apraxie) consistent en l’incapacité à accomplir les gestes de la vie quotidienne, des mouvements précis des jambes, des bras, des doigts et des mains, indépendants et coordonnés. Ces troubles conduisent à faire des mouvements imprécis et maladroits. Certains troubles de la praxie concernent aussi des actions spécifiques comme celles, entre autres, de l’habillage, de la marche ou de la position assise (Cf. encadré).

Différentes formes d’apraxie

  • idéomotrice : la plus courante, elle correspond à une incapacité à réaliser volontairement des gestes simples de la vie quotidienne, sur demande orale ou visuelle ;
  • idéatoire : elle se caractérise par des difficultés à accomplir des tâches complexes ou des séquences de gestes ;
  • motrice : elle inclut l’apraxie kinesthésique, avec des difficultés à trouver les mouvements nécessaires à la réalisation de gestes simples, et l’apraxie mélocinétique, avec une perturbation des mouvements fins, sélectifs, rapides ou en série ;
  • constructive : elle concerne la réalisation des dessins avec une difficulté à voir dans l’espace ;
  • bucco-faciale ou bucco-linguo-faciale : elle se manifeste au niveau d’une ou de plusieurs parties du visage, de la bouche et du larynx, et occasionne des difficultés à réaliser des mouvements déterminés comme siffler, ouvrir la bouche ou tirer la langue ;
  • de l’habillage : elle rend difficile les actions de manipuler, orienter et enfiler correctement les vêtements ;
  • de la marche : elle est caractérisée par des difficultés à positionner correctement les jambes pour marcher.

Quelles sont les causes de troubles de la praxie ?

L’apraxie apparaît à la suite de divers troubles neurologiques comme un traumatisme crânien, un accident vasculaire cérébral (AVC), une maladie neurodégénérative (maladie d’Alzheimer, Parkinson, syndromes parkinsoniens atypiques, dégénérescence cortico-basale, démences fronto-temporales…) ou encore une tumeur cérébrale.

Des conséquences sur l’alimentation

L’évolution des troubles de la praxie dépendent du type de lésion qui en est à l’origine, de l’état du patient et de sa prise en charge médicale. Quoi qu’il en soit, ces troubles ont des conséquences certaines sur l’autonomie pendant les repas en raison d’une incapacité à utiliser des couverts. Ils conditionnent aussi la prise alimentaire. Les troubles de la praxie bucco-faciale engendrent, par exemple, des problèmes de mastication et de propulsion des aliments. Ceux liés à l’ouverture des paupières peuvent empêcher la vision et la préhension des aliments, etc.

Ces difficultés peuvent être à l’origine d’une diminution de la consommation et exposent le sujet à un risque évident de dénutrition dont les conséquences sont multiples : fonte musculaire, vulnérabilité aux infections, chutes, dépendance…

Des solutions nutritionnelles adaptées

Il existe des solutions nutritionnelles adaptées aux difficultés de préhension (praxie) et qui permettent au sujet de manger sans l’aide de couverts et avec leurs mains : le manger main (appelé aussi finger food).
Texturés de telle sorte qu’ils soient non cassants et déformables, ces aliments peuvent être présentés sous des formats prédécoupés, correspondant à une bouchée et sont donc faciles à prendre en main par les sujets atteints d’apraxie. Des aliments mixés et liquides peuvent aussi permettre une ingestion facile à l’aide d’une paille lorsque cela est possible.

Dans le cas d’une apraxie bucco-faciale, les difficultés de déglutition qu’elle occasionne nécessitent de réaliser un diagnostic précis de la sévérité de cette dysphagie avant de proposer les aliments à textures modifiées les plus adaptés.