Les maladies neuro-dégénératives

Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaque…ces maladies neurodégénératives exposent à de nombreux problèmes de santé si la dysphagie et la dénutrition ne sont pas prises en compte et accompagnées de solutions nutritionnelles adaptées.

Qu’est-ce que c’est ?

Les pathologies neurodégénératives se traduisent par l’accumulation d’agrégats protéiques qui perturbent la fonction neuronale et provoquent à terme la mort sélective de certains groupes de neurones du cerveau et de la moelle épinière. 

De quelles pathologies parle-t-on ?

Ce terme générique regroupe un ensemble hétérogène d’affections comme les maladies :

Avec l’augmentation de l’espérance de vie, le vieillissement progressif de la population et en l’absence de traitements curatifs, le nombre de personnes souffrant de ces maladies a considérablement augmenté ces dernières années. Aujourd’hui, la maladie d’Alzheimer, qui affecte principalement les fonctions cognitives, représente environ 60 à 70 % des cas, soit 1,3 million de français atteints. La maladie de Parkinson, qui affecte surtout les fonctions motrices touche 2 % des plus de 65 ans soit 200 000 français. 

Des conséquences multiples sur l’alimentation

Les maladies neurodégénératives occasionnent des problèmes nutritionnels qui diffèrent d’une maladie à l’autre mais conduisent tous à un risque important de dénutrition.

Les problématiques en question

La maladie en elle-même peut atteindre les centres de régulation de la prise alimentaire, et induire une anorexie et/ou une augmentation de la dépense énergétique de repos. C’est le cas lors de la maladie de Parkinson, des démences, des accidents vasculaires cérébraux ou de la sclérose latérale amyotrophique (ou maladie de Charcot). 

Les mouvements anormaux ou anarchiques et les tremblements lors de la maladie de Parkinson (dyskinésies) et la chorée de Huntington augmentent la dépense énergétique liée à l’activité physique et donc les besoins nutritionnels du sujet.

Des lésions neuromusculaires induisent des altérations musculaires qui majorent le risque de dénutrition. C’est notamment le cas lors des maladies neuromusculaires, de la sclérose en plaques, et des accidents vasculaires cérébraux.

Par ailleurs, des atteintes des centres de la déglutition sont fréquentes lors des accidents vasculaires cérébraux, de la sclérose latérale amyotrophique, de la sclérose en plaque, etc. Ils sont à l’origine de troubles tels qu’une dysphagie ou une aphagie qui entravent la prise alimentaire. Sans oublier les troubles de salivation qui la gênent aussi comme cela est le cas lors des accidents vasculaires cérébraux, de la sclérose en plaque et de la sclérose latérale amyotrophique. 

Sans oublier que des troubles du goût, de l’odorat, de la reconnaissance ou de l’acceptation de l’alimentation sont souvent présents lors des démences, de la maladie de Parkinson, de la sclérose latérale amyotrophique et ne facilitent pas la prise des repas. 

Enfin, ces pathologies sont très souvent accompagnées d’un état dépressif et de troubles de l’humeur qui jouent un rôle néfaste sur la prise alimentaire.  

Des solutions nutritionnelles adaptées

Il existe des solutions nutritionnelles adaptées à ces maladies neurodégénératives. 

Mais avant de les proposer, il est impératif de rechercher la présence d’une dysphagie pour mettre en place, si nécessaire, le plus tôt possible un régime alimentaire approprié et ainsi prévenir la pneumonie et la dénutrition.

Si la dysphagie est confirmée, une alimentation à textures modifiées est recommandée et doit être accompagnée de mesures facilitant au mieux la prise alimentaire (renforcement du goût et des odeurs, actions sur la posture, vaisselle adaptée, hauteur de la table…) et d’une évaluation de sa tolérance.

Si le patient ne souffre pas de dysphagie, il est possible de proposer des aliments à manger avec les mains non seulement pour les patients avec démence, mais aussi dans beaucoup d’autres affections neurologiques accompagnées d’un handicap des membres supérieurs ou d’un handicap cognitif. Avec le « manger main », le patient reprend de l’autonomie : il mange seul ses aliments, le plaisir de se servir est préservé et il peut choisir la quantité qu’il souhaite manger.