Vieillir sans incapacité pourrait dépendre en partie de l'alimentation | Nutrisens

Vieillir sans incapacité pourrait dépendre en partie de l'alimentation

Bien vieillir

3 janvier 2017
Catégorie : 
Echos des Journées Francophones de Nutrition 2016

Vieillir sans incapacité pourrait dépendre en partie de l’alimentation

Selon une récente étude Bordelaise, certaines habitudes alimentaires pourraient influencer négativement le risque d’incapacité future chez le sujet âgé

La nutrition est un des facteurs sur lequel il est possible d’agir dans l’optique d’un vieillissement sans incapacité. Des études ont montré qu’une consommation élevée de fruits, de légumes, de produits laitiers, de vitamines B, et D est associée à une diminution du risque d’incapacité. Cependant, les nutriments interagissant entre eux, il semble plus pertinent d’étudier les profils alimentaires dans leur globalité.

Quelques profils alimentaires identifiés a priori, comme le régime méditerranéen, ont été associés à un risque réduit d’incapacité, de dépendance et de mortalité. Mais une seule étude, japonaise, a analysé le risque d’incapacité en fonction de profils alimentaires identifiés à partir de données alimentaires recueillies et donc plus proches de la réalité. Cependant, il est difficile d’extrapoler les résultats de cette étude japonaise à des pays de culture différente. 

Les profils alimentaires des français de plus de 65 ans à l’étude

Des chercheurs français ont exploré auprès d’un échantillon de français de plus de 65 ans, la relation entre leurs profils alimentaires définis a posteriori et leur risque à 10 ans de : (1) restriction de mobilité ; (2) incapacité aux activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ) et (3) incapacité aux activités de base de la vie quotidienne (AVQ).

Pour cela, ils se sont basés sur les données des participants de la cohorte des Trois-Cités (Bordeaux) vus en 2001-2002 et réexaminés au cours des 10 années suivantes.

La restriction de mobilité était évaluée par l’échelle de Rosow-Breslau, l’incapacité aux AIVQ par celle de Lawton-Brody et l’incapacité aux AVQ par celle de Katz.

Un total de 583 participants (274 hommes et 309 femmes) sans restriction de mobilité à l’inclusion, a permis d’étudier le risque de restriction de mobilité à 10 ans, 1114 (451 hommes et 663 femmes) initialement sans incapacité aux AIVQ, le risque d’incapacité aux AIVQ et 1267 (491 hommes et 776 femmes) initialement sans incapacité aux AVQ, le risque d’incapacité aux AVQ.

Pour chaque type d’incapacité et pour chaque sexe, un modèle de Cox, ajusté sur le statut marital, le niveau d’éducation, les revenus, la multi-morbidité, le statut tabagique, l’indice de masse corporelle, la symptomatologie dépressive et les performances cognitives globales, a été réalisé pour estimer l'association entre les profils alimentaires et le risque de restriction de mobilité, d’incapacités aux AIVQ et aux AVQ.

Deux profils prédisposent à un risque d’incapacité future

Le rappel des 24h mené en 2001-2002, a permis d’identifier 5 profils alimentaires pour chaque sexe : « Petits mangeurs », « Sain », « Biscuits et grignotage », chez les hommes et femmes, «Charcuterie, viande et alcool » et « Pâtes » chez les hommes, et « Charcuterie, féculents et alcool » et « Pizza et sandwich » chez les femmes.

Comparé au profil alimentaire « Sain », le profil « Biscuits et grignotage » est associé à un risque 3 fois plus élevé de restriction de mobilité (RRI =3,0 [IC95% : 1,6-5,8]) et 2 fois plus élevé d’incapacité aux AIVQ (RRI=2,1 [1,1-4,2]) chez les hommes et 2 fois plus élevé d’incapacité aux AVQ chez les femmes (RRI=2,3 [1,3-4,0]). Les hommes du profil alimentaire « Pâtes» présentent aussi un risque d’incapacité aux AIVQ de 70 % plus élevé que ceux du profil « Sain » (RRI=1,7 [1,0-2,9]). 

Pour les chercheurs, cette étude prospective menée chez des sujets âgés suggère que certains profils alimentaires, notamment ceux plus riches en glucides simples et moins riches en fruits et légumes, seraient associés à un risque accru d’incapacité à long terme mais de façon différente selon le sexe. 

S. Pilleron, K. Pérès, M.-A. Jutand, C. Helmer, J.-F. Dartigues, C. Samieri, C. Féart  (Univ. de Bordeaux, INSERM, ISPED, Centre INSERM U1219-Bordeaux Population Health, Bordeaux University EA 7440 - CeDS "Cultures et Diffusion des Savoirs", Bordeaux, France) - Communication affichée – Journées Francophones de Nutrition - 30 nov-2 déc 2016 – Montpellier.
 

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