Insuffisants rénaux chroniques : les sens influencent leur prise alimentaire | Nutrisens

Insuffisants rénaux chroniques : les sens influencent leur prise alimentaire

Alimentation adaptée

18 janvier 2018
Catégorie : 

A l’occasion des Journées Francophones de Nutrition, Laurent Brondel est intervenu sur l’influence des sens sur le plaisir alimentaire chez les personnes atteintes d’insuffisance rénale traitée par hémodialyse. Le point sur les éléments clés à connaitre.

On sait que les personnes atteintes d’Insuffisance Rénale Chronique (IRC) sous hémodialyse présentent un risque élevé de malnutrition, en particulier protéino-énergétique. Entre 30 et 50% de ces sujets sont concernés et 10 % présentent une dénutrition protéino-énergétique sévère. Or, cette dénutrition augmente le risque de complications cardiovasculaires, infectieuses ainsi que la mortalité. 

Plaisir et envie de manger sont altérés chez les insuffisants rénaux

Les facteurs de risque de dénutrition sont nombreux chez ces patients. Et parmi eux, figurent des modifications hédoniques (goût, perception salée, satiété précoce…) et qui impliquent le système de récompense (liking/plaisir à manger et wanting/envie de manger) dont on connait le rôle majeur pendant l’ingestion. Pour autant, très peu d’études se sont intéressées à ce qu’aiment les sujets avec IRC et à ce qu’ils ont envie de manger. Laurent Brondel en présente trois études.

La première étude a évalué les modifications du système de récompense (liking et wanting) dans l’IRC traitée par hémodialyse. Laurent Brondel et son équipe ont étudié 25 IRC traités par hémodialyse versus 25 témoins (sans IRC). Ils ont observé que leurs apports alimentaires étaient modifiés par la séance d’hémodialyse. A distance des séances d’hémodialyse (24h), les sujets avec IRC n’avaient pas envie de consommer des protéines contrairement aux sujets sans IRC. La séance d’hémodialyse restaurait cette envie. « Une sensation de faim spécifique pour les protéines était notée chez les IRC alors que les sujets témoins avaient faim pour tout ». Et ces variations d’envie de consommer des protéines étaient corrélées aux taux de certains acides aminés plasmatiques. « Cette envie est probablement liée à l’épuration de certains acides aminés accumulés », commente-t-il. « Ceci pourrait expliquer leur plus grand risque de dénutrition », suppose le chercheur.

Une seconde étude a confirmé ces données auprès de 16 sujets atteints d’IRC et 16 sujets sains en  situation de libre choix (plateau repas). Les sujets IRC, immédiatement après la dialyse mangeaient spontanément plus de protéines (+18% soit 1g/kg poids) mais pas plus de glucides ou de lipides.

Choisir le bon moment pour consommer des protéines

Une troisième étude a cherché à savoir si présenter des aliments riches en protéines après l’hémodialyse pouvait améliorer l’état nutritionnel des sujets IRC présentant une dénutrition protéino-énergétique. L’étude Colendia (66 sujets IRC hémodialysés) a comparé l’impact de 4 périodes de 4 mois chacune durant lesquelles les sujets hémodialysés recevaient alternativement une collation standard (boisson chaude, 2 biscottes, un yaourt nature et une compote sans sucre soit 8.5 g de protéines) ou une collation enrichie en énergie et protéines (boisson chaude, crème dessert enrichie, 3 gâteaux enrichis soit 28.2g de protéines). Les deux collations servies 1 heure après le début de la dialyse étaient appréciées de façon équivalente. Mais entre la première période avec la collation standard et la seconde période avec la collation enrichie, l’albuminémie était augmentée de façon significative. A la 3ème période (retour à la collation standard), l’albuminémie diminuait légèrement et après la 4ème période (collation enrichie), elle augmentait à nouveau de façon significative et notamment chez les sujets les plus dénutris. Le poids, l’IMC et l’état d’hydratation n’étaient pas modifiés durant ces périodes.    

Pour Laurent Brondel, il est clair que la prise en compte des particularités hédoniques liées à certains états physiologiques ou pathologiques peut permettre de lever les freins à une renutrition efficace. Dans le cas de l’insuffisance rénale chronique, les prescriptions diététiques doivent recommander un apport protéique plus riche après une hémodialyse afin de lutter contre la dénutrition protéino-énergétique.

Comment les sens influencent la prise alimentaire : focus chez la personne atteinte d’insuffisance rénale chronique traitée par hémodialyse. Communication de Laurent Brondel. JFN Nantes 13-15 décembre 2017 www.lesjfn.fr

Vous SOUHAITEZ

EN SAVOIR PLUS ?

Toute notre expertise santé à votre service !

DÉCOUVREZ NOTRE SAVOIR-FAIRE

 

Découvrez notre

boutique en ligne

Tous les produits de Nutrisens disponibles en ligne !

Voir la boutique

 

BESOIN D'UN CONSEIL ?
UNE QUESTION ?

Notre diététicienne
est à votre écoute

04 82 78 01 53
Lui écrire

Du lundi au vendredi, de 9h à 12h et de 14h à 17h